
Bénéfices des ZFE sur la santé et la qualité de l'air
Les évaluations sur la réduction des émissions et des concentrations
En France
En France, la loi rend obligatoire la réalisation d’évaluations de la ZFE, notamment sur les effets de la ZFE sur l'évolution des émissions d'oxydes d'azote et de particules fines :
- avant sa mise en place, en considérant des hypothèses d’évolution des parcs de véhicules (évaluations dites « ex-ante) ;
- tous les trois ans après la mise en place de la ZFE, à partir de données mesurées (évaluations dites « ex-post »). Ces évaluations permettent d’ajuster les paramètres de la ZFE si besoin.
Les premières évaluations ex-post disponibles, réalisées sur les ZFE françaises montrent une baisse notable des émissions de polluants atmosphériques (en particulier pour les oxydes d'azote (NOx), mais également pour les particules fines) directement attribuable à la mise en place de la ZFE.
ZFE du Grand Paris
Une étude réalisée par AirParif en 2024 concernant d’une part, l’extension géographique en 2019 de la ZFE de la Métropole du Grand Paris, appliquant des restrictions pour les véhicules Crit’air 5 et non classés, et d’autre part, le renforcement des restrictions aux Crit’air 4, a notamment montré une baisse de 14 points directement attribuable à la ZFE, sur une baisse totale de 35 % des émissions d'oxydes d'azote (NOx) des véhicules particuliers sur la période 2017-2023.
Cette étude montre également, en considérant toutes les catégories de véhicules concernées par les restrictions une baisse de 6 points directement attribuable à la ZFE , sur une baisse totale de 42 % émissions d'oxydes d'azote (NOx).
ZFE de Grenoble
L’étude réalisée par Algoé et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes sur les effets de la ZFE instaurée par Grenoble Alpes Métropole pour les poids-lourds et véhicules utilitaires légers jusqu’à l’étape de restrictions des véhicules Crit’air 3 a montré, sur la période 2017-2024 :
- Pour les poids-lourds, une diminution de 14 points attribuable aux restrictions de circulation, sur une baisse totale de 71% des émissions d'oxydes d'azote (NOx) ;
- Pour les véhicules utilitaires légers, une diminution de 4 points attribuable aux restrictions de circulation, sur une baisse totale de 27% des émissions d'oxydes d'azote (NOx).
Autres ZFE
Des évaluations réalisées pour les ZFE de Toulouse et de Strasbourg montrent également des résultats positifs. Celles-ci sont disponibles aux liens suivants :
- ZFE de Toulouse : Évaluation de l’impact sur la qualité de l’air de la mise en œuvre d’une zone à faibles émissions dans l’agglomération toulousaine - Atmo Occitanie, mars 2019 ;
- ZFE de Strasbourg :
- Evaluation de la zone à faibles émissions de l'Eurométropole de Strasbourg - Rapport détaillé - ADEUS - 2024
- Rapport de réponses politiques à l'évaluation de la zone à faibles émissions - Eurométropole de Strasbourg - Septembre 2024.
Par ailleurs, Atmo Aura a également calculé une baisse supplémentaire de 10 points des émissions d'oxyde d'azote (NOx) pour les véhicules particuliers, directement attribuable à la ZFE du Grand Lyon entre 2021 et 2024, sur une baisse totale de 25 %, comme exposée par le graphique suivant :
En Europe
En Europe, les données disponibles convergent aussi à montrer que le dispositif est efficace.
Londres
Selon une étude à la suite de la mise en place de l’Ultra Low Emission Zone (ULEZ) à Londres, les concentrations de NO2 le long des routes dans le périmètre appelé « Inner London » sont inférieures de 24 % à ce qu'elles auraient été sans l’ULEZ et son extension. Dans le centre de Londres, les concentrations de NO2 y sont inférieures de 53 % à ce qu'elles auraient été sans l’ULEZ et son extension.
Bruxelles
L’impact de la ZFE bruxelloise sur la qualité de l’air, la santé et des facteurs socio-économiques a fait l’objet d’une étude des Mutualités Libres en collaboration avec la KU Leuven, HEAL (Health and Environment Alliance), CELINE (Cellule Interrégionale de l’Environnement), l’université de Hasselt et le VITO.
Cette étude montre que la concentration de NO2 à Bruxelles a baissé de 37 %, soit environ 10% de plus que dans les villes sans ZFE, en Wallonie et en Flandre. Elle montre aussi que c'est dans les quartiers les plus pauvres, où les personnes sont les plus exposées, que la réduction des polluants a été la plus élevée.
Barcelone
Une étude à posteriori menée par des chercheurs espagnole met en évidence l’efficacité de la mise en place d’une ZFE à Barcelone pour abaisser significativement les concentrations de NO2 en milieu urbain.
En isolant l’effet propre du dispositif par rapport à d’autres facteurs d’évolution, l’étude montre ainsi que ces restrictions ont permis une diminution moyenne des concentrations de NO2 de 7,6 μg/m3 (soit une réduction de 15,8 % par rapport à la concentration moyenne de 2019 : 48,13 μg/m3) à proximité des axes routiers et de 4,5 μg/m3 en stations de fond.
Les évaluations de l'effet des ZFE sur la santé
Londres
Un projet de recherche publiés en aout 2026 dans The Lancet montrent que la mise en place d’une ZFE à Londres a été associée à une amélioration des trajectoires de développement de la fonction pulmonaire chez les enfants londoniens par rapport à ceux de Luton (avec une augmentation du « volume expiratoire forcé durant la première seconde » chez les enfants londoniens de 10 ml de plus par an que chez leurs homologues de Luton), démontrant également que les déficits de développement pulmonaire qui avaient été identifiés chez les enfants londoniens avant la mise en place de l’ULEZ ont été corrigés.
Étude portant sur plusieurs villes
Une revue systématique publié dans The Lancet en 2023 confirme également que les ZFE de Londres, Milan, Tokyo et plusieurs villes allemandes ont un impact robuste sur la réduction des maladies cardiovasculaires.